Sens & Tonka
COFFRET SUR L'ART
Coffret sur l'art rassemblant
"Le Complot de l’art"
"Illusion, désillusion esthétiques"
"Entrevues à propos du “complot de l'art”
de Jean Baudrillard, et
"Le MAC de Marseille"
"l'Art Ultimo"
de Jean-Paul Curnier
OMBRES EXQUISES
Parfois un je, un tu se croiseront dans les textes. Est-ce un tu-Jean-Baudrillard, et un je-Hubert-Tonka ? Cette détermination n'est-elle pas réversible dans le mesure où ce n'est pas une substitution de rôle ? « Quelconque de ma part la parole me garde mieux que le silence », Francis Ponge.
À l'impossibilité de m'expliquer je renvoie sans cesse. Atteindre le silence qui envahit ton bouquin. Le vent n'est plus une insulte. / La solitude n'est pas une épreuve. / J'ai appris à entendre, cela au mépris de mon regard. Le regard d'habitude d'être au monde. As-tu trop d'espoir, n'est-ce pas à moi que s'adresse cette remarque ? / Finalement on est trop fragile.
LES AVATARS DE L'ARCHITECTURE ORDINAIRE
Notre vie quotidienne est composée d’enchaînements de choses ordinaires. Les esprits forts peuvent s’en moquer. Le commun leur répond : les tâches les plus humbles ne sont pas dénuées de grandeur. Ou encore : le rabâchement de l’ordinaire fait entrevoir des abîmes. Il ajoute : comment se choisir des héros si ce n’est en les distinguant de l’ordinaire ?
Des héros ? Parmi ses grandes figures, notre société distingue peu d’architectes. Si une poignée d’entre eux s’impose par leurs statures, la collectivité s’en trouve souvent encombrée : quand on la sonde à propos de l’architecture, elle répond « fuite en toiture ». On en conclut qu’il lui importe, en premier lieu, que l’architecture traite des choses ordinaires.
LA PART DES ANGES
« Aujourd’hui Kenneth, Ken, nous a quittés, que pourtant jamais sa voix ne se taise ; au cours de l’automne 1996 il nous avait apportés, avec un semblant de désinvolture avec toujours son air de mine de rien de s’en foutre et de dire sans le penser ça-n’a-pas-d’importance, cinq courts poèmes, fausse indifférence vous-en-faites-ce-que-vous-voulez ! Pourquoi ceux-là et non pas d’autres ? Peut-être parce qu’un écrivain, tout comme un père, parfois s’attarde d’autant mieux au goût de la préférence ! Ses poèmes nous plaisaient ; écrits en mots de demi-teinte, et comme lui, à peine dévoilés, ils taillent, cisèlent, creusent le corps profond de la matière en détachent la déchirure, et l’idée d’une publication était là, la chose entre nous fut promise et nous avions tout notre temps, le temps du moment propice, et puis... le temps à notre insu est venu, nous rendons aujourd’hui hommage à Kenneth Hylton. » J.-M. Sens
DE LA POLITIQUE
« Thucydide disait que les gens médiocres étaient les plus propres au gouvernement. » Montesquieu
JEANNE-MARIE SENS RECUEILS
Jeanne-Marie Sens, Recueils contenant :
"Les Mots Tout Court"
"La Mouche Sous Un Verre"
"Trait d'Union"
L'ART ULTIMO
Nous assistons en témoins médusés à une chose étrange, presque impensable : à l’abandon pur et simple de la démocratie par la démocratie elle-même, à seule fin, d’après ce qui s’en dit, de sauver la démocratie. Et cela sans rien pouvoir y faire qui ne serve aussitôt d’argument à cette invraisemblable logique de l’absurde.
LE MAC DE MARSEILLE
Entre le 29 février et les premiers jours de mars, la presse a fait état de la mise en garde à vue d’un artiste et du directeur du musée d’art contemporain de Marseille (MAC). Ce qu’il en ressortait, malgré le motif jubilatoire, c’est une histoire d’agression contre une œuvre subversive et contre l’audace d’une institution qui cherchait à susciter le débat, à mobiliser la pensée.
Tout commence avec le titre de la pièce exposée : Tout ce que je vous ai volé, qui prend tout son sens quand on pense que les musées sont pleins de “tout ce qui nous a été volé” depuis que l’art existe, de toutes les œuvres détournées de leur lieu, de leur origine, de leur réalité vivante pour être recelées et mises en détention provisoire.
Le musée étant le lieu du recel de toute culture, il est logique qu’il en soit venu à receler le vol lui-même, à voler le vol à sa propre réalité et à en faire une œuvre. Donc tout aussi logique (et ubuesque) qu’il soit mis en accusation pour recel et pour vol.
LE ROMAN DE DIX JOURS
Le médecin a été formel, 24 heures sur 24, dix jours de lit, repos COMPLET. Un moment de panique et puis au fond, après réflexion, la sentence n'est pas si terrible face au diagnostic un peu méchant du départ.
Organisation de la vie à bord qui s'installe. Les livres d'abord, les relectures, les découvertes, l'envie de se gaver de la boulimique substance des pages. À portée de main, la musique, les objets gourmands, le téléphone, les mots croisés, les carnets, les stylos aux encres divines, et le petit chien noir en boule ravie de l'aubaine.
Le temps, alors, sur dix se décline autrement, amène à l'effervescente impatience des jours, dérive réflexive, coq-à-l'âne fragile reliés d'images bruissantes étonnamment célées à l'abri des caches secrètes, cueillettes d'émotions vives que l'on croyait oubliées, vibrant pizzicato des notes qui se mettent à courir au même rythme que les doigts, emportement, flots chaotiques des paroles, comme galets rugueux qui roulent, librement charriés par le torrent insoupçonnable. J.-M. S.
FIL
Que reste-t-il si ce n'est un fil qui court encore, mais sait-on où ? / Un fil qui se contorsionne, s'emmêle. / Un fil qui fait des entourloupettes. / Qui se lie ou pas. Qui s'effile ou pas. / Il fait figure. Grimace parfois. / Parfois en un tissage assez serré apparaît une image furtive, un mirage cousu. / Le fil se rompt quand on le force. / Le fil est de toutes les aventures. Sa dernière est la critique. Il fit là tant d'acrobatie qu'il s'emmêla. L'espoir s'effondrera, du fil cent fois rompu. Il reste un tas de fil, une sorte de corde à nœuds, en quelque sorte. / Il nous faut arpenter sans fil un nouveau terrain, en nous promenant toutefois. / Ariane la fourbe grecque, oubliée. H. T.